Courses alimentaires, l’évolution de l’utilisation des modes de livraisons : tendances et perspectives

Analyse du Baromètre « Services à la livraison : réalités sur les attentes des Français » réalisé par OpinionWay pour Sprint Project et en partenariat avec DB Schenker, FM Logistic, GS1 France, Savoye.

Difficile de parler e-commerce en 2020 sans tenir compte de l’impact de l’épidémie de Covid 19. C’est bien ce que traduisent les résultats de la 3ème édition du baromètre « Services à la livraison : réalités sur les attentes des Français » réalisée par OpinionWay pour Sprint Project et en partenariat avec DB Schenker, FM Logistic, GS1 France, Savoye. On constate en effet que cette crise sanitaire marque clairement les chiffres de la consommation de l’année 2020 avec un ralentissement généralisé expliqué par divers facteurs : confinement, chômage partiel, préoccupations sanitaires, nouveaux réflexes d’achats… Parmi tous les segments, seul le secteur alimentaire tire son épingle du jeu et est parvenu à progresser de 7% pour les courses alimentaires en ligne et 3% pour les plats préparés.

Si les grands acteurs du secteur alimentaire s’étaient déjà lancés depuis plusieurs années dans le développement du e-commerce, il est désormais évident que ces efforts se renforceront encore au cours des prochaines années. Crise sanitaire ou pas, il y a fort à parier que ce mode de consommation des produits alimentaires saura s’installer et perdurer dans les habitudes et les comportements d’achats. Face à cet enjeu de conquête important et à une concurrence plutôt prononcée, le e-commerce alimentaire devra alors s’équiper au mieux pour s’adapter aux caractéristiques du secteur et faire face aux exigences croissantes des consommateurs.

Tendances et chiffres du e-commerce en 2020

La pandémie a eu pour impact un recul global de la consommation au niveau national (mais aussi mondial). En cause, une ambiance morose et pleine d’incertitudes pour les ménages qui ont préféré limiter leurs dépenses. En parallèle, l’évolution des comportements d’achat en 2020 montre qu’une part plus importante de français recourent au e-commerce. En effet, 58% des personnes interrogées déclarent acheter en ligne au moins une fois par mois (ce qui représente + 4 points par rapport à 2019 et + 2 points par rapport à 2018).

Cette progression bénéficie entièrement au marché des denrées alimentaires qui la seule catégorie de produits dont la consommation en ligne a progressé en 2020.

Cela s’explique par deux facteurs. Tout d’abord, la crise sanitaire a recentré les achats (e-commerce ou non) sur les produits essentiels ou de première nécessité au premier rang desquels on retrouve les produits alimentaires.

Ensuite, il est logique en temps de crise sanitaire que les gens se soient naturellement déportés vers un canal de consommation distanciel. Plus respectueux des conditions d’hygiène, les achats en lignes permettent d’éviter le risque de contamination, qui est également plus facilement maîtrisable lors de la livraison avec l’application stricte des gestes barrières.

 

Les attentes du consommateur de produits alimentaires en ligne

Le sondage OpinionWay pour Sprint Projet et GS1 France nous permet également d’en savoir plus sur les exigences des consommateurs sur les facilités de livraison. Ces exigences varient nécessairement en fonction du type de produit acheté : par exemple, la problématique retour ne s’applique principalement qu’à des secteurs bien précis comme le textile notamment, mais pas pour l’alimentaire.

Dans ce contexte, le top 3 des exigences de la clientèle alimentaire en ligne est :

  • Le délai de livraison
  • Le type de livraison
  • Le créneau de livraison

Le délai de livraison est l’exigence principale du consommateur, et on constate qu’il occupe une place très importante pour les produits alimentaires ou périssables, bien plus que pour les autres secteurs. La société actuelle, axée sur l’immédiateté et la rapidité des échanges, rend les consommateurs avides de réactivité. Il s’agit d’un double challenge pour les distributeurs qui doivent être en mesure de proposer une offre diversifiée de produits qui doivent de surcroit être disponibles dans un délai court pour satisfaire le consommateur final.

Le type de livraison proposé est également un critère important. La nature de la récupération de la commande dépend de nombreux facteurs : géographiques (les contraintes immobilières ne sont pas les mêmes qu’on habite en ville ou à la campagne), familiaux (volume de la commande important ou non), mobilité (véhicule ou pas). Pour convaincre et satisfaire une majorité de consommateurs, les acteurs du e-commerce alimentaires doivent donc être en mesure de proposer plusieurs types de récupération des commandes ou de livraison.

Enfin, le créneau de livraison, dernière attente capitale du consommateur. S’il s’est habitué depuis plusieurs années au gain de temps offert par la digitalisation des courses alimentaires, le consommateur souhaite également s’affranchir des contraintes de récupération de sa commande. Ainsi, il cherchera une grande souplesse dans les créneaux de livraison lui permettant, par exemple, de positionner une récupération sur un trajet inhérent à son quotidien (retour du travail, trajets école, …) où de la planifier à domicile au moment ou il s’y trouve.

Indépendamment des critères liés à la livraison, il est important de souligner que le consommateur final en canal e-commerce est à la recherche d’une expérience achat aussi élevée qu’en magasin. Cette exigence se porte aussi bien sur la qualité des produits (aussi qualitatifs que s’ils avaient pu les choisir lui-même du point de vue DLC, aspect des fruits et légumes, …) que sur la quantité de l’offre proposée au travers d’un catalogue suffisamment fournis pour permettre un choix satisfaisant.

Facilité de livraison, qualité et quantité sont donc les trois piliers du e-commerçant alimentaire qui souhaite atteindre une satisfaction client maximale dans un contexte extrêmement concurrentiel. Pour y parvenir, seule une organisation logistique parfaitement calibrée peut l’y aider.

Comment les acteurs de la grande distribution doivent-ils s’adapter ?

Les contraintes opérationnelles auxquelles doivent faire face les organisations de distribution du e-commerce alimentaire sont multiples. Mode de préparation, de retrait, surface disponible … sont autant de contraintes qui diffèrent des canaux traditionnels et qui demandent une certaine capacité d’adaptation aux grandes enseignes au travers d’une nouvelle organisation logistique à mettre en œuvre, renforcée par des outils logiciels adaptés et des solutions d’automatisation pertinentes voir même de robotisation.

Concrètement, l’équipement des structures de e-commerce alimentaire en solutions automatisées ou robotisées permet 3 grands avantages :

1 – AUGMENTER LE CHIFFRE D’AFFAIRES À SURFACE IDENTIQUE

Les problématiques immobilières sont importantes surtout dans les zones péri-urbaines. L’enjeu est donc de pouvoir, sur une surface réduite, de pouvoir stocker un catalogue de références large afin de répondre au besoin de choix des consommateurs ce que permet précisément la robotisation des processus. Le recours à l’automatisation permettra également d’accroître significativement la productivité tout en améliorant nettement l’ergonomie des postes opérateurs.

2- AUGMENTER LA FRÉQUENCE DES RETRAITS ET LIVRAISONS SUR UNE MÊME PLAGE TEMPORELLE

Stockées de façon optimale dans un système automatisé, les commandes sont disponibles pour un retrait en quelques minutes, indépendamment de l’heure d’arrivée du client ou de la température de conservation.

3- ANTICIPER LES ÉVOLUTIONS DES PROFILS DE COMMANDES

Comme nous l’avons vu, le marché peut être versatile et soumis à de nombreux aléas. L’évolution du panier moyen et de la fréquence d’achat sont autant de paramètres auxquels les professionnels du e-commerce alimentaire doivent être en capacité de s’adapter. Ainsi, une solution robotisée robuste permettra d’absorber sereinement un changement temporaire ou définitif de l’activité.

Nous l’avons vu, le e-commerce alimentaire était déjà en pleine croissance avant 2020 et cette crise sanitaire qui n’a fait que le renforcer. Nul doute que l’avenir de la grande distribution est intimement lié au développement et à la généralisation de ce canal de vente.

En revanche, dans un contexte aux exigences croissantes et aux fluctuations conjoncturelles, les grands acteurs du secteur doivent s’équiper de solutions automatisées performantes s’ils veulent faire face à une concurrence accrue et à des habitudes de consommations changeantes.